Personnes

Anastasia vit sa vie authentique

31 mars 2021

Femme trans dans une épicerie
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Il a fallu 39 ans à Anastasia Beauchemin pour qu’elle se sente authentique. « Après ma chirurgie [d’affirmation de genre], je me sentais réellement moi-même », explique Anastasia, une commis d’épicerie de la section des produits laitiers au Maxi de Saint-Hubert (Québec), en banlieue de Montréal.

Anastasia, qui a maintenant 41 ans, savait dès son plus jeune âge qu’elle était transgenre. Cependant, elle a gardé son identité secrète jusqu’à la mi-trentaine. « C’était mal perçu », déplore-t-elle. Sa famille, ses amis et sa partenaire de l’époque ont mal pris la nouvelle de sa transition. « J’ai tout perdu ».

Elle n’a plus de relation avec ses parents ni ses amis d’enfance. Malgré cette période douloureuse et difficile dans sa vie, Anastasia est maintenant plus heureuse que jamais. « Comme garçon, je me cachais, il me manquait toujours quelque chose ».

Mais le chemin du bonheur est semé d’embûches, de souvenirs qu’Anastasia partage parce qu’elle veut donner de l’espoir aux autres.

« Un soir, j’ai voulu mettre fin à mes jours. J’ai pris beaucoup de pilules », se souvient-elle. « Ça n’a pas marché, et quand je me suis réveillée le lendemain, je me suis dit que je méritais mieux. J’ai donc décidé de prendre ma vie en main, d’affirmer mon genre et de me libérer de la coquille qui me cachait depuis trop longtemps ».

Anastasia a demandé l’aide d’un thérapeute, qui l’a encouragée à vivre sa vie selon ses propres conditions et à faire ce qui était nécessaire pour être heureuse. Elle a commencé tranquillement, en sortant marcher comme une femme. Puis, elle a pris des hormones et a fait son coming out au bureau. Elle a annoncé à ses collègues de Maxi qu’elle était en transition et qu’ils verraient des changements.

« Ils ont vraiment bien pris la nouvelle, les gens sont gentils ici, ce qui a vraiment aidé », affirme-t-elle. Anastasia est une meneuse, et les autres collègues trans peuvent compter sur elle.

« Ils viennent toujours me parler. J’étais un meneur avant, mais j’étais gêné. Après l’opération, j’étais plus ouverte, parce que je n’avais plus rien à cacher. »

Aujourd’hui, Anastasia parle ouvertement de son parcours. Selon elle, c’est important, parce que plusieurs personnes vivent ce qu’elle a vécu. Malheureusement, elles nous quittent trop tôt, parce qu’elles ne peuvent pas être elles-mêmes. Elle encourage toute personne qui éprouve des problèmes d’identité à trouver de l’aide.

« La première étape est toujours la plus difficile, mais la vie devient plus facile après. Demander de l’aide est vraiment la clef du succès ».

Depuis sa transition, Anastasia reconnaît qu’elle est plus gentille. « Les gens peuvent voir la différence dans mon regard, mes yeux scintillent maintenant ». 

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